Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 20:07

Stress travail psychiatrie psychiatreJ’ai changé de travail il y a quelques mois. Mon nouveau chef est très exigeant. Je sors souvent tard du bureau et quand je rentre à la maison, je pense encore au boulot. La nuit, j’ai du mal à m’endormir et le matin je suis fatigué. J’ai l’impression que je ne vais pas réussir à tenir comme ça très longtemps.

 

Le stress lié au travail est un mal fréquent de nos sociétés modernes. La recherche de la productivité à tout prix a des conséquences fâcheuses sur la santé physique et mentale conduisant parfois à une grande souffrance.

 

Prévenir le stress au travail est un problème complexe et multidisciplinaire. A son échelle, la personne stressée a cependant à sa disposition quelques moyens pour mieux vivre.

 

Des règles simples, et pourtant souvent négligées, permettent d’être moins stressé. La pratique régulière d’une activité physique est extrêmement bénéfique. Il peut s’agir d’un sport ou tout simplement de marcher 30 minutes par jour. D’autre part, même en période de travail intense, il faut savoir se réserver des plages de loisir, passer du temps avec ses proches, voir ses amis… Le travail semble parfois tellement important qu’on en oublie de vivre !

 

La pratique de la relaxation, détaillée dans un autre article, peut permettre de diminuer l’anxiété et d’apprendre à son corps à être moins sensible aux situations stressantes.

 

Enfin, une psychothérapie, notamment avec certaines techniques cognitives, peut aider à aborder les difficultés au travail avec plus de distance. Développer l’estime de soi permet de ne pas trop se remettre en question lors des petits échecs professionnels. Enfin, accroître l’affirmation de soi contribue à savoir dire non à son chef quand la quantité de travail devient vraiment trop importante.

 

Dans tous les cas, quelques erreurs à ne pas commettre sont par exemple de se détendre avec « un bon verre de whisky », prendre un peu plus d’anxiolytiques que ce que le médecin a prescrit ou encore travailler encore plus…

Par F.E Blanco - Publié dans : Stress et insomnie
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 18:54

Baclofène alcoolisme psychiatrie psychiatreOn entend beaucoup parler du Baclofène comme remède miracle contre l’alcoolisme. Pourtant, certains médecins disent que ce traitement ne marche pas et qu’il s’agit d’un placebo.

Que peut-on en penser ?

 

L’alcoolisme est un trouble difficile à prendre en charge. Les médecins, les patients et leur famille sont souvent démunis face à cette maladie. C’est sans doute pour cela que le Baclofène (Liorésal) fait beaucoup parler de lui en ce moment.

 

Le Baclofène est un traitement initialement utilisé en neurologie pour les contractures musculaires. C’est un médicament qui a l’avantage d’être bien connu. Ses effets secondaires les plus fréquents sont les nausées, les vomissements et la sédation.

 

Il est difficile en l’état actuel des connaissances scientifiques d’avoir une idée définitive sur l’intérêt du Baclofène dans l’alcoolisme. Les résultats des premières études sont effectivement encourageants mais nécessitent d’être confirmés par des essais cliniques de plus grande envergure avec une méthodologie rigoureuse. Si l’efficacité à court terme de ce traitement est confirmé, son intérêt sur le plus long terme devra aussi être évalué étant donné le risque de rechute dans l’alcoolisme.

 

D’autre part, il existe déjà d’autres traitements aidant au maintien de l’abstinence comme la Naltrexone (Revia) ou l’Acamprosate (Aotal). La place du Baclofène par rapport à ces thérapeutiques mérite d’être précisé.

 

Enfin, certains médecins pensent que ce traitement pourrait aussi être efficace dans d'autres addictions, notamment cannabis et cocaïne. Cette hypothèse intéressante devra aussi faire l'objet d'essais cliniques.

 

En conclusion, le Baclofène n’est sans doute pas un remède miracle mais pourrait constituer une avancée significative dans la prise en charge des personnes souffrant d’alcoolisme. Les études scientifiques en cours et futures permettront sans doute de mieux évaluer son efficacité.

Par F.E Blanco - Publié dans : Alcoolisme
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 14:42

alcoolisme, sevrage, dépendanceMon mari a des problèmes avec l’alcool depuis longtemps. Son médecin a découvert récemment des anomalies au niveau du foie.

 

Pourtant, il continue à prendre du whisky quand il rentre du travail, il n’a pas l’air de se rendre compte des dégâts que ça cause chez lui. Il dit que ça le déstresse de son boulot. Je ne sais plus comment l’aider.

 

L’alcoolisme est un problème complexe et souvent difficile à prendre en charge. La consommation excessive d’alcool a des conséquences désastreuses sur la santé de la personne, sur son état psychologique et parfois des retentissements dramatiques sur l’entourage et le travail (divorce, perte d’emploi…).

 

La dépendance alcoolique est un phénomène difficile à se représenter. Elle associe un mal être physique de manque, le plaisir lié à l’alcool, un besoin irrépressible d’en consommer, des facteurs psychologiques avec souvent une diminution des autres sources de plaisir, une autodévalorisation par rapport au fait de ne pas arriver à se contrôler. Tous ces éléments entraînent une souffrance importante et un déni partiel des répercussions négatives de l’alcool.

 

Lorsqu’une personne a décidé d’arrêter l’alcool, le médecin peut l’aider avec un accompagnement psychologique : soutenir la motivation, savoir réagir lorsque l’envie de boire apparaît, valoriser les autres sources de plaisir, développer une bonne image de soi. Certains médicaments diminuent un peu l’envie d’alcool. Enfin, les groupes de parole peuvent être d’une aide précieuse.

 

Vouloir arrêter n’est pas nécessaire pour consulter un alcoologue. Ce dernier peut en effet soutenir la personne, discuter sans juger des avantages et inconvénients de la consommation d’alcool, parler de ce que serait une vie sans alcool… En outre, ce type de consultation est utile pour dépister des problèmes d’anxiété ou dépression sous-jacents.

 

Il faut discuter avec votre mari de la possibilité de voir un alcoologue, que lui conseillerait son médecin traitant. On peut entendre qu’il n’a pas encore pris la décision d’arrêter de boire. Cependant, sa consommation d’alcool commence à être nocive pour sa santé et il est important qu’il puisse parler avec un spécialiste de la place de l’alcool dans sa vie.

 

Par F.E Blanco - Publié dans : Alcoolisme
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 20:43

trouble bipolaire, hérédité, génétique, psychiatrie

 

On m’a diagnostiqué un trouble bipolaire il y a plus de 10 ans. Je suis actuellement sous lithium (Teralithe). Ce traitement me convient bien et ça fait maintenant plusieurs années que je n’ai pas eu de « crises ».

Je suis maman d’un garçon de 6 ans. J’ai entendu dire plusieurs fois que le trouble bipolaire était une maladie génétique. Je m’inquiète qu’il puisse lui aussi souffrir de cette maladie plus tard. Quel est ce risque ?

 

Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, est une pathologie dont les origines sont à ce jour imparfaitement connues. Comme pour les autres troubles psychiatriques, son développement est dépendant de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux.

 

Depuis 20 ans, les recherches se multiplient pour essayer de trouver les gènes du trouble bipolaire. Les travaux publiés à ce jour nous apprennent qu’il s’agit d’une maladie à transmission complexe impliquant un tas de gènes différents. Il n’existerait donc pas un gène unique de la bipolarité. De plus, cette transmission génétique ne donnerait pas le trouble mais plutôt une vulnérabilité à la maladie qui se développera parfois par la suite en fonction de l’environnement dans lequel va grandir l’enfant et l’adolescent. Enfin, en raison du nombre de gènes, la vulnérabilité au trouble ne se transmet pas de façon automatique entre parents et enfants mais d’une façon aléatoire et dans une proportion faible, difficile à chiffrer en l’état actuel des connaissances.

 

L’environnement joue un grand rôle dans l’apparition du trouble bipolaire. D’une manière générale, une enfance et une adolescence stressante augmentent le risque de survenue de cette pathologie. La maltraitance est par exemple un facteur de risque clairement identifié. L’adolescence est une période particulièrement importante et la consommation de drogues doit être évitée. Enfin, une bonne hygiène de vie à l’âge adulte diminue la probabilité de survenue d’épisodes dépressifs et maniaques.

 

Pour en revenir à votre question, les études épidémiologiques montrent qu’il n’existe qu’une faible augmentation du risque de développer cette maladie pour un enfant de parents avec un trouble bipolaire par rapport à un autre enfant dont les parents n’ont pas de problèmes psychiatriques.

 

Les parents souffrant de troubles psy ont tendance à trop s’inquiéter pour la future santé mentale de leurs enfants. Lorsque ces angoisses deviennent envahissantes, elles peuvent même avoir des répercussions négatives sur le bien-être des enfants. Il est donc important de pouvoir en parler avec son psychiatre.

 

Dans la plupart des cas, les enfants de parents avec une pathologie psychiatrique n’ont pas besoin de suivi psy. Comme pour tous les autres enfants, une famille aimante, des amis, une vie partagée de façon équilibrée entre l’école et des activités extra-scolaires sont les meilleurs garants de leur équilibre psychique futur.

Par F.E Blanco
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 19:42

Aggravation agoraphobie trouble panique. Le psychiatre répond Je suis atteinte depuis maintenant 9 ans d’agoraphobie. Après une période de deux mois où je ne sortais plus de chez moi, je me suis forcée et réhabituée à aller jusqu'à la ville la plus proche à 8kms. C’était handicapant mais j’arrivais au moins à aller dans les boulangeries, au supermarché, chez les copains etc ....

Je n’ai jamais eu de médicament à part l’essai d’un comprimé de Deroxat après lequel j’ai cru mourir et tomber dans les pommes.

 

Depuis 3 semaines les choses ont changé et je fais des crises d’angoisse sans raison apparente à mon domicile, alors que je n’avais jamais eu d’angoisses chez moi. Dès le réveil, je stresse de faire une crise, j’essaie de me contrôler pour ne pas en faire mais malheureusement je finis par en avoir.

 

J’ai tous pris en médecine douce depuis ces 3 semaines : Spasmine, Euphytose, huile essentielle de lavande, alcool de menthe, Mag2 magnesium et Sédatif pc. Rien n'y fait....

Depuis 5 jours je prends 1/4 de Lexomil le matin et 1/4 vers 15h ou 16h. La plupart du temps cela ne me détend pas… 
Qu’est ce qui  m’arrive ? Pourquoi je me sens comme ça d’un coup? 

Mon médecin m’a prescrit du Seroplex 5mg mais j’ai peur des effets secondaires. 
Pensez-vous que je puisse couper le comprimé de 5mg en 4 donc prendre ¼ de comprimé et augmenter peu à peu pour que mon corps s’habitue ? 

 

D’après ce que vous nous racontez, il semblerait que vous souffriez bien d’agoraphobie associée à un trouble panique. Nous avons vu lors de précédentes questions qu’il s’agissait d’un problème pouvant être très invalidant et votre histoire nous le prouve !

L’agoraphobie et le trouble panique sont des maladies dont la symptomatologie fluctue au cours de la vie d’une personne. Il semblerait que vos troubles se soient aggravé récemment avec une autonomisation des crises d’angoisse ou attaque de panique : auparavant, l’idée de s’éloigner de chez vous pouvait provoquer une crise ; actuellement la simple idée de faire une crise à votre domicile suffit à vous en faire une.

Il est possible que cette aggravation récente s’apaise dans les prochaines semaines, mais il est aussi fort possible que cela continue si vous ne suivez pas un traitement.

 

Les meilleurs traitements actuels de l’agoraphobie sont les thérapies cognitivo-comportementales et les antidépresseurs du type inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Il semblerait qu’il vous soit pour l’instant difficile d’accéder à un psychothérapeute cognitivo-comportemental, il faut donc opter pour la deuxième solution pour l’instant.

 

Le Seroplex (Escitalopram) prescrit par votre médecin est un ISRS. C’est donc un traitement adapté.

 

Les personnes ayant développé un trouble panique ont tendance à s’inquiéter des effets secondaires, pourtant anodins, que l’on peut développer les premiers jours du traitement antidépresseur. C’est sans doute ce qui s’est produit quand vous aviez pris du Deroxat…

Pour éviter cela, il est tout à fait possible de débuter avec ¼ de comprimé et d’augmenter d’un autre quart tous les 2 jours.

 

Je vous rappelle qu’il est souvent nécessaire d’attendre 3 semaines avant d’avoir les effets bénéfiques du traitement, période pendant laquelle une prise passagère de benzodiazépines (type Lexomil (Bromazepam) ou Xanax (Alprazolam)) peut être nécessaire.

Par F.E Blanco - Publié dans : Agoraphobie et trouble panique
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