Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 13:10

SCZ-normalite-copie-1.jpgMon fils a été hospitalisé pour la deuxième fois pour un délire. Il entendait des voix qui le perturbaient, parlait seul, dormait en décalé et était devenu méfiant avec nous avec parfois des propos incohérents. Depuis son hospitalisation il va mieux, même s’il est encore fatigué. Son psychiatre lui a parlé de schizophrénie. Ca a été un choc pour son père et moi. Nous sommes inquiets. Pourra-t-il avoir une vie normale malgré cette maladie?

 

La schizophrénie est un trouble psychiatrique fréquent associé à de nombreux fantasmes et craintes dans l’imagerie populaire, bien loin de la réalité quotidienne que peut vivre le patient et sa famille.

 

La schizophrénie est une maladie avec une expression clinique très hétérogène en fonction des patients. Ainsi, certains d’entre eux n’auront qu’une manifestation minime des symptômes alors que d’autres personnes seront plus invalidées par ce trouble.

 

La prise en charge de la schizophrénie a fait beaucoup de progrès permettant à une majorité des patients d’avoir une vie normale. Les traitements actuels, principalement les antipsychotiques dit atypiques, permettent un contrôle efficace des idées délirantes et des hallucinations. Avec un traitement adapté, les effets secondaires sont faibles, souvent limités à une prise de poids modérée.

 

Un des enjeux majeurs de la prise en charge de la schizophrénie est de maintenir le patient dans une bonne insertion sociale et professionnelle. Pour cela, le psychiatre peut s’appuyer sur le réseau social du patient, des activités thérapeutiques organisées par des centres de soins ou encore des conseillers d’orientation professionnelle spécialisés dans le handicap psychique.

 

En résumé, une majorité de patients ayant une schizophrénie peuvent avoir une vie normale. Le pronostic de la maladie sera d’autant plus favorable que le trouble est pris en charge précocement et que le patient adhère aux soins.

Partager cet article

Published by F.E Blanco - dans Schizophrénie
commenter cet article
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 15:55

grossesse antidépresseur thymorégulateurs neuroleptiquesJ’envisage prochainement d’avoir un enfant. Je prends depuis la fin de mon adolescence un traitement antidépresseur par Zoloft pour des problèmes de dépression et de crises d’angoisse. Mon psychiatre me recommande de poursuivre ce traitement pendant la grossesse. Je suis un peu inquiète. Ce médicament ne peut pas être bon pour le futur bébé ?

 

La grossesse est souvent un heureux évènement. Pour les femmes prenant un traitement au long cours, c’est aussi un moment d’inquiétude. Les médicaments n’auront-ils pas d’effets secondaires sur l’enfant ?

 

En psychiatrie, comme dans les autres spécialités, la prévision d’une grossesse est un moment où le médecin doit réévaluer les bénéfices et les risques des traitements chroniques afin de minimiser tout impact sur l’embryon et le fœtus. La majorité des traitements psychiatriques n’a jamais montré de nocivité sur le futur enfant. Ainsi, la plupart des antidépresseurs, anxiolytiques et antipsychotiques peuvent être poursuivis. Pour certains thymorégulateurs, ils devront être interrompus ou remplacés par d’autres médicaments à certaines périodes de la grossesse.

 

Le risque de rechute ou de récidive de certains troubles psychiatriques est parfois négligeable sur une courte période. Dans ce cas, les traitements peuvent être arrêtés. Le psychiatre propose alors une surveillance rapprochée.

 

Un des enjeux du suivi psychiatrique pendant la grossesse est de réduire au maximum le risque d’un épisode psychiatrique aigu qui nécessiterait un traitement lourd.

 

En résumé, un trouble psychiatrique (dépression, schizophrénie, trouble bipolaire…) est compatible avec une grossesse. Il faut cependant préparer celle-ci en en parlant auparavant avec le psychiatre.

Partager cet article

Published by F.E Blanco - dans Dépression
commenter cet article
21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 17:12

IRM scanner prise de sang schizophrénie psychiatrieMon fils est suivi par un psychiatre depuis un an. Ce dernier a parlé de schizophrénie. L’IRM cérébrale était normale. Je ne comprends pas sur quel examen le psychiatre se base pour évoquer ce diagnostic ?

 

A ce jour, il n’existe aucun examen complémentaire permettant d’aider à poser le diagnostic des troubles psychiatriques. Pour la schizophrénie, par exemple, le psychiatre évoque ce trouble à partir des symptômes que le patient présente : des idées délirantes, des hallucinations, un discours où les liens logiques sont approximatifs, un repli sur soi etc… La schizophrénie étant une maladie chronique, ces manifestations perdurent dans le temps.

 

L’IRM ou le scanner cérébral et le bilan sanguin qui sont réalisés systématiquement devant des troubles délirants ou hallucinatoires permettent d’éliminer d’autres pathologies pouvant donner cette symptomatologie, par exemple une tumeur cérébrale.

 

Trouver des examens complémentaires permettant d’aider au diagnostic des troubles psychiatriques est un enjeu majeur de la recherche actuelle. Il existe actuellement plusieurs pistes intéressantes en particulier pour l’autisme, la schizophrénie et le trouble bipolaire. Par exemple, l’IRM fonctionnelle pourrait à terme identifier les parties du cerveau à l’origine des hallucinations chez le patient souffrant de schizophrénie. A ce jour, ces examens ne sont pas assez fiables pour une utilisation dans la pratique quotidienne des psychiatres. Le développement de ces techniques prometteuses est encore du domaine de la recherche.

 

La découverte d’examens complémentaires pertinents en psychiatrie serait une véritable révolution pour cette discipline. Cela aiderait à avoir des diagnostics plus précis mais aussi à mieux comprendre les mécanismes des troubles psychiatriques, mieux connaître les modes d’action des traitements actuels et trouver des thérapeutiques plus efficaces avec des effets secondaires moindres.

Partager cet article

11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:07

Stress travail psychiatrie psychiatreJ’ai changé de travail il y a quelques mois. Mon nouveau chef est très exigeant. Je sors souvent tard du bureau et quand je rentre à la maison, je pense encore au boulot. La nuit, j’ai du mal à m’endormir et le matin je suis fatigué. J’ai l’impression que je ne vais pas réussir à tenir comme ça très longtemps.

 

Le stress lié au travail est un mal fréquent de nos sociétés modernes. La recherche de la productivité à tout prix a des conséquences fâcheuses sur la santé physique et mentale conduisant parfois à une grande souffrance.

 

Prévenir le stress au travail est un problème complexe et multidisciplinaire. A son échelle, la personne stressée a cependant à sa disposition quelques moyens pour mieux vivre.

 

Des règles simples, et pourtant souvent négligées, permettent d’être moins stressé. La pratique régulière d’une activité physique est extrêmement bénéfique. Il peut s’agir d’un sport ou tout simplement de marcher 30 minutes par jour. D’autre part, même en période de travail intense, il faut savoir se réserver des plages de loisir, passer du temps avec ses proches, voir ses amis… Le travail semble parfois tellement important qu’on en oublie de vivre !

 

La pratique de la relaxation, détaillée dans un autre article, peut permettre de diminuer l’anxiété et d’apprendre à son corps à être moins sensible aux situations stressantes.

 

Enfin, une psychothérapie, notamment avec certaines techniques cognitives, peut aider à aborder les difficultés au travail avec plus de distance. Développer l’estime de soi permet de ne pas trop se remettre en question lors des petits échecs professionnels. Enfin, accroître l’affirmation de soi contribue à savoir dire non à son chef quand la quantité de travail devient vraiment trop importante.

 

Dans tous les cas, quelques erreurs à ne pas commettre sont par exemple de se détendre avec « un bon verre de whisky », prendre un peu plus d’anxiolytiques que ce que le médecin a prescrit ou encore travailler encore plus…

Partager cet article

Published by F.E Blanco - dans Stress et insomnie
commenter cet article
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:54

Baclofène alcoolisme psychiatrie psychiatreOn entend beaucoup parler du Baclofène comme remède miracle contre l’alcoolisme. Pourtant, certains médecins disent que ce traitement ne marche pas et qu’il s’agit d’un placebo.

Que peut-on en penser ?

 

L’alcoolisme est un trouble difficile à prendre en charge. Les médecins, les patients et leur famille sont souvent démunis face à cette maladie. C’est sans doute pour cela que le Baclofène (Liorésal) fait beaucoup parler de lui en ce moment.

 

Le Baclofène est un traitement initialement utilisé en neurologie pour les contractures musculaires. C’est un médicament qui a l’avantage d’être bien connu. Ses effets secondaires les plus fréquents sont les nausées, les vomissements et la sédation.

 

Il est difficile en l’état actuel des connaissances scientifiques d’avoir une idée définitive sur l’intérêt du Baclofène dans l’alcoolisme. Les résultats des premières études sont effectivement encourageants mais nécessitent d’être confirmés par des essais cliniques de plus grande envergure avec une méthodologie rigoureuse. Si l’efficacité à court terme de ce traitement est confirmé, son intérêt sur le plus long terme devra aussi être évalué étant donné le risque de rechute dans l’alcoolisme.

 

D’autre part, il existe déjà d’autres traitements aidant au maintien de l’abstinence comme la Naltrexone (Revia) ou l’Acamprosate (Aotal). La place du Baclofène par rapport à ces thérapeutiques mérite d’être précisé.

 

Enfin, certains médecins pensent que ce traitement pourrait aussi être efficace dans d'autres addictions, notamment cannabis et cocaïne. Cette hypothèse intéressante devra aussi faire l'objet d'essais cliniques.

 

En conclusion, le Baclofène n’est sans doute pas un remède miracle mais pourrait constituer une avancée significative dans la prise en charge des personnes souffrant d’alcoolisme. Les études scientifiques en cours et futures permettront sans doute de mieux évaluer son efficacité.

Partager cet article

Published by F.E Blanco - dans Alcoolisme
commenter cet article
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:42

alcoolisme, sevrage, dépendanceMon mari a des problèmes avec l’alcool depuis longtemps. Son médecin a découvert récemment des anomalies au niveau du foie.

 

Pourtant, il continue à prendre du whisky quand il rentre du travail, il n’a pas l’air de se rendre compte des dégâts que ça cause chez lui. Il dit que ça le déstresse de son boulot. Je ne sais plus comment l’aider.

 

L’alcoolisme est un problème complexe et souvent difficile à prendre en charge. La consommation excessive d’alcool a des conséquences désastreuses sur la santé de la personne, sur son état psychologique et parfois des retentissements dramatiques sur l’entourage et le travail (divorce, perte d’emploi…).

 

La dépendance alcoolique est un phénomène difficile à se représenter. Elle associe un mal être physique de manque, le plaisir lié à l’alcool, un besoin irrépressible d’en consommer, des facteurs psychologiques avec souvent une diminution des autres sources de plaisir, une autodévalorisation par rapport au fait de ne pas arriver à se contrôler. Tous ces éléments entraînent une souffrance importante et un déni partiel des répercussions négatives de l’alcool.

 

Lorsqu’une personne a décidé d’arrêter l’alcool, le médecin peut l’aider avec un accompagnement psychologique : soutenir la motivation, savoir réagir lorsque l’envie de boire apparaît, valoriser les autres sources de plaisir, développer une bonne image de soi. Certains médicaments diminuent un peu l’envie d’alcool. Enfin, les groupes de parole peuvent être d’une aide précieuse.

 

Vouloir arrêter n’est pas nécessaire pour consulter un alcoologue. Ce dernier peut en effet soutenir la personne, discuter sans juger des avantages et inconvénients de la consommation d’alcool, parler de ce que serait une vie sans alcool… En outre, ce type de consultation est utile pour dépister des problèmes d’anxiété ou dépression sous-jacents.

 

Il faut discuter avec votre mari de la possibilité de voir un alcoologue, que lui conseillerait son médecin traitant. On peut entendre qu’il n’a pas encore pris la décision d’arrêter de boire. Cependant, sa consommation d’alcool commence à être nocive pour sa santé et il est important qu’il puisse parler avec un spécialiste de la place de l’alcool dans sa vie.

 

Partager cet article

Published by F.E Blanco - dans Alcoolisme
commenter cet article
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:43

trouble bipolaire, hérédité, génétique, psychiatrie

 

On m’a diagnostiqué un trouble bipolaire il y a plus de 10 ans. Je suis actuellement sous lithium (Teralithe). Ce traitement me convient bien et ça fait maintenant plusieurs années que je n’ai pas eu de « crises ».

Je suis maman d’un garçon de 6 ans. J’ai entendu dire plusieurs fois que le trouble bipolaire était une maladie génétique. Je m’inquiète qu’il puisse lui aussi souffrir de cette maladie plus tard. Quel est ce risque ?

 

Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, est une pathologie dont les origines sont à ce jour imparfaitement connues. Comme pour les autres troubles psychiatriques, son développement est dépendant de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux.

 

Depuis 20 ans, les recherches se multiplient pour essayer de trouver les gènes du trouble bipolaire. Les travaux publiés à ce jour nous apprennent qu’il s’agit d’une maladie à transmission complexe impliquant un tas de gènes différents. Il n’existerait donc pas un gène unique de la bipolarité. De plus, cette transmission génétique ne donnerait pas le trouble mais plutôt une vulnérabilité à la maladie qui se développera parfois par la suite en fonction de l’environnement dans lequel va grandir l’enfant et l’adolescent. Enfin, en raison du nombre de gènes, la vulnérabilité au trouble ne se transmet pas de façon automatique entre parents et enfants mais d’une façon aléatoire et dans une proportion faible, difficile à chiffrer en l’état actuel des connaissances.

 

L’environnement joue un grand rôle dans l’apparition du trouble bipolaire. D’une manière générale, une enfance et une adolescence stressante augmentent le risque de survenue de cette pathologie. La maltraitance est par exemple un facteur de risque clairement identifié. L’adolescence est une période particulièrement importante et la consommation de drogues doit être évitée. Enfin, une bonne hygiène de vie à l’âge adulte diminue la probabilité de survenue d’épisodes dépressifs et maniaques.

 

Pour en revenir à votre question, les études épidémiologiques montrent qu’il n’existe qu’une faible augmentation du risque de développer cette maladie pour un enfant de parents avec un trouble bipolaire par rapport à un autre enfant dont les parents n’ont pas de problèmes psychiatriques.

 

Les parents souffrant de troubles psy ont tendance à trop s’inquiéter pour la future santé mentale de leurs enfants. Lorsque ces angoisses deviennent envahissantes, elles peuvent même avoir des répercussions négatives sur le bien-être des enfants. Il est donc important de pouvoir en parler avec son psychiatre.

 

Dans la plupart des cas, les enfants de parents avec une pathologie psychiatrique n’ont pas besoin de suivi psy. Comme pour tous les autres enfants, une famille aimante, des amis, une vie partagée de façon équilibrée entre l’école et des activités extra-scolaires sont les meilleurs garants de leur équilibre psychique futur.

Partager cet article

23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 19:42

Aggravation agoraphobie trouble panique. Le psychiatre répondJe suis atteinte depuis maintenant 9 ans d’agoraphobie. Après une période de deux mois où je ne sortais plus de chez moi, je me suis forcée et réhabituée à aller jusqu'à la ville la plus proche à 8kms. C’était handicapant mais j’arrivais au moins à aller dans les boulangeries, au supermarché, chez les copains etc ....

Je n’ai jamais eu de médicament à part l’essai d’un comprimé de Deroxat après lequel j’ai cru mourir et tomber dans les pommes.

 

Depuis 3 semaines les choses ont changé et je fais des crises d’angoisse sans raison apparente à mon domicile, alors que je n’avais jamais eu d’angoisses chez moi. Dès le réveil, je stresse de faire une crise, j’essaie de me contrôler pour ne pas en faire mais malheureusement je finis par en avoir.

 

J’ai tous pris en médecine douce depuis ces 3 semaines : Spasmine, Euphytose, huile essentielle de lavande, alcool de menthe, Mag2 magnesium et Sédatif pc. Rien n'y fait....

Depuis 5 jours je prends 1/4 de Lexomil le matin et 1/4 vers 15h ou 16h. La plupart du temps cela ne me détend pas… 
Qu’est ce qui  m’arrive ? Pourquoi je me sens comme ça d’un coup? 

Mon médecin m’a prescrit du Seroplex 5mg mais j’ai peur des effets secondaires. 
Pensez-vous que je puisse couper le comprimé de 5mg en 4 donc prendre ¼ de comprimé et augmenter peu à peu pour que mon corps s’habitue ? 

 

D’après ce que vous nous racontez, il semblerait que vous souffriez bien d’agoraphobie associée à un trouble panique. Nous avons vu lors de précédentes questions qu’il s’agissait d’un problème pouvant être très invalidant et votre histoire nous le prouve !

L’agoraphobie et le trouble panique sont des maladies dont la symptomatologie fluctue au cours de la vie d’une personne. Il semblerait que vos troubles se soient aggravé récemment avec une autonomisation des crises d’angoisse ou attaque de panique : auparavant, l’idée de s’éloigner de chez vous pouvait provoquer une crise ; actuellement la simple idée de faire une crise à votre domicile suffit à vous en faire une.

Il est possible que cette aggravation récente s’apaise dans les prochaines semaines, mais il est aussi fort possible que cela continue si vous ne suivez pas un traitement.

 

Les meilleurs traitements actuels de l’agoraphobie sont les thérapies cognitivo-comportementales et les antidépresseurs du type inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Il semblerait qu’il vous soit pour l’instant difficile d’accéder à un psychothérapeute cognitivo-comportemental, il faut donc opter pour la deuxième solution pour l’instant.

 

Le Seroplex (Escitalopram) prescrit par votre médecin est un ISRS. C’est donc un traitement adapté.

 

Les personnes ayant développé un trouble panique ont tendance à s’inquiéter des effets secondaires, pourtant anodins, que l’on peut développer les premiers jours du traitement antidépresseur. C’est sans doute ce qui s’est produit quand vous aviez pris du Deroxat…

Pour éviter cela, il est tout à fait possible de débuter avec ¼ de comprimé et d’augmenter d’un autre quart tous les 2 jours.

 

Je vous rappelle qu’il est souvent nécessaire d’attendre 3 semaines avant d’avoir les effets bénéfiques du traitement, période pendant laquelle une prise passagère de benzodiazépines (type Lexomil (Bromazepam) ou Xanax (Alprazolam)) peut être nécessaire.

Partager cet article

30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 20:40

Anxiété généralisée. Deroxat pas assez efficace?

J’ai un problème d’anxiété généralisée depuis plusieurs années. Je prends un 1/2 comprimé de Déroxat par jour depuis 2 ans, traitement qui a permis de faire disparaître mon anxiété. En juin, suite à des problèmes de santé chez mon fils, l’anxiété est réapparue de façon importante et mon médecin traitant a augmenté le Déroxat à 1 comprimé par jour avec du Lexomil.

Le souci est que j'ai encore de l'anxiété par moments et cela fait déjà 6 semaines que j’ai ce traitement.

Avant ce nouvel épisode d'anxiété, un ½ comprimé de  Déroxat suffisait et j'aimerais retrouver cet état de bien être.

Est-ce que je dois patienter ? Vais-je retrouver cette sérénité que j'avais avant juin ?

Est-ce que le Déroxat ne devrait pas déjà agir à fond après 6 semaines et ne devrais-je pas pouvoir me passer du Lexomil ? Ou dois-je attendre encore pour sentir l'effet total ?

 

 

Le trouble anxieux généralisé est un problème chronique, ce qui signifie qu’il évolue la plupart du temps sur plusieurs années.

L’anxiété va donc varier avec des moments où elle sera plus intense comme par exemple lors d’évènements stressants de la vie.

Il n’est donc pas étonnant que l’anxiété ait fortement augmenté lorsque votre fils a eu des problèmes de santé. Votre traitement habituel (1/2 cp de Deroxat (paroxétine)) s’est alors révélé inadapté et a donc été modifié par votre médecin traitant.

.

Le principal traitement médicamenteux de l’anxiété généralisée sont les antidépresseurs Inhibiteurs de la Recapture de la Serotonine (dont le Deroxat fait partie), qui agissent après 3 à 4 semaines.

Après six  semaines du nouveau traitement (1 cp de Deroxat et Lexomil  (bromazépam)), vous semblez toujours anxieuse. Donc, probablement, le traitement doit être modifié.

 

Il existe différentes possibilités qui doivent être discutées avec votre médecin :

-Augmentation du Deroxat

-Changement pour un autre antidépresseur.

-Suivi d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) avec notamment l’apprentissage des techniques de relaxation et de la gestion du stress.

Etc…

 

Enfin, il est important de garder en tête que le Lexomil, comme toutes les benzodiazépines, est un traitement qui devra rester temporaire étant donné le risque de dépendance.

 

L’anxiété généralisée est un trouble qui se soigne bien. Il n’y a donc pas de raison que vous ne retrouviez pas votre sérénité d’antan.

Partager cet article

21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 18:07
agoraphobie et dépression. Traitements, TCC, deroxat

Bonjour,

J'aimerais savoir si c'est l'agoraphobie qui entraîne la dépression ou l'inverse.
Je suis agoraphobe et je n'ai plus goût à rien car je me sens comme en prison.
Ai-je des chances d'aller mieux. Si oui, comment ?
Merci pour votre réponse.

 

 

L’agoraphobie, c’est la peur de se retrouver dans un lieu où il serait difficile de partir ou d’obtenir de l’aide.

Les situations redoutées par l’agoraphobe sont donc très variées : parking désert, foule, grands magasins, tranports en commun…

L’agoraphobie est très souvent liée aux attaques de panique (crise d’angoisse très importante où le sujet pense qu’il va mourir ou devenir fou…) : le patient a fait l’expérience d’une de ces crises de panique dans un grand magasin par exemple et va par la suite éviter toutes les situations où il redoute de refaire une nouvelle crise d’angoisse.

 

L’agoraphobie est un des troubles psychiatriques les plus handicapants lorsqu’il est sévère. Au stade les plus avancés de la maladie le simple fait de sortir de chez soi est source d’angoisse. Dans bien des cas, le patient agoraphobe demande à son entourage de l’accompagner dans les situations qu’il redoute : il pense que s’il lui arrive une de ces crises d’angoisse, l’accompagnateur pourra l’aider à se sortir du lieu en question.

 

Donc on comprend assez facilement qu’une agoraphobie grave soit source de dépression. Quand on ne peut plus sortir seul de chez soi, que l’on ne peut plus travailler, voir ses amis pendant plusieurs mois, il y a une forte probabilité de finir par faire un épisode dépressif.

Cependant, certains épisodes dépressifs peuvent aussi être source de comportements agoraphobes qui disparaissent lorsque la dépression guérit.

Par conséquent, l’agoraphobie peut entraîner la dépression mais l’inverse est parfois aussi vrai. La seule façon de faire la part des choses est de savoir quel trouble est apparu en premier.

 

Heureusement, il existe actuellement des traitements efficaces contre l’agoraphobie.

 

Certains traitements médicamenteux sont particulièrement efficaces.

Les nouveaux antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine comme le Deroxat (paroxetine) ou le Séropram (citalopram) permettent de bien contrôler les crises d’angoisse et l’anxiété provoquée par les situations redoutées. On doit souvent utiliser 2 à 3 comprimés par jour. Ces traitements mettent souvent 3 à 4 semaines avant d’être efficaces même si les premiers effets peuvent être plus précoces. Ces médicaments sont dans la plupart des cas bien tolérés avec peu d’effets secondaires.

Ces traitements peuvent faire disparaître totalement les troubles et permettre à la personne de reprendre une vie normale. Ces antidépresseurs devront être maintenus sur de longues périodes (au moins 1 an…) au risque de voir réapparaître le trouble.

 

Les traitements anxiolytiques type benzodiazépine (Xanax (alprazolam), Valium (diazepam)…) sont efficaces ponctuellement sur l’angoisse et peuvent être utiles au début du traitement par l’antidépresseur mais ils ne doivent pas être maintenus pendant de longues périodes (jamais plus de 12 semaines) car ils perdent de leur efficacité et provoquent des dépendances et le besoin d’augmenter les doses.

 

Enfin, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont des psychothérapies efficaces sur l’agoraphobie et sont une très bonne alternative aux médicaments. Elles consistent en des séances une fois par semaine pendant 3 mois à un an où l’agoraphobe apprend à affronter les situations qu’il redoute de façon très progressive jusqu’à ce que sa phobie disparaisse complètement.

 

Dans les cas les plus graves, les TCC et les antidépresseurs sont souvent associés.

Partager cet article