Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 20:43

trouble bipolaire, hérédité, génétique, psychiatrie

 

On m’a diagnostiqué un trouble bipolaire il y a plus de 10 ans. Je suis actuellement sous lithium (Teralithe). Ce traitement me convient bien et ça fait maintenant plusieurs années que je n’ai pas eu de « crises ».

Je suis maman d’un garçon de 6 ans. J’ai entendu dire plusieurs fois que le trouble bipolaire était une maladie génétique. Je m’inquiète qu’il puisse lui aussi souffrir de cette maladie plus tard. Quel est ce risque ?

 

Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, est une pathologie dont les origines sont à ce jour imparfaitement connues. Comme pour les autres troubles psychiatriques, son développement est dépendant de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux.

 

Depuis 20 ans, les recherches se multiplient pour essayer de trouver les gènes du trouble bipolaire. Les travaux publiés à ce jour nous apprennent qu’il s’agit d’une maladie à transmission complexe impliquant un tas de gènes différents. Il n’existerait donc pas un gène unique de la bipolarité. De plus, cette transmission génétique ne donnerait pas le trouble mais plutôt une vulnérabilité à la maladie qui se développera parfois par la suite en fonction de l’environnement dans lequel va grandir l’enfant et l’adolescent. Enfin, en raison du nombre de gènes, la vulnérabilité au trouble ne se transmet pas de façon automatique entre parents et enfants mais d’une façon aléatoire et dans une proportion faible, difficile à chiffrer en l’état actuel des connaissances.

 

L’environnement joue un grand rôle dans l’apparition du trouble bipolaire. D’une manière générale, une enfance et une adolescence stressante augmentent le risque de survenue de cette pathologie. La maltraitance est par exemple un facteur de risque clairement identifié. L’adolescence est une période particulièrement importante et la consommation de drogues doit être évitée. Enfin, une bonne hygiène de vie à l’âge adulte diminue la probabilité de survenue d’épisodes dépressifs et maniaques.

 

Pour en revenir à votre question, les études épidémiologiques montrent qu’il n’existe qu’une faible augmentation du risque de développer cette maladie pour un enfant de parents avec un trouble bipolaire par rapport à un autre enfant dont les parents n’ont pas de problèmes psychiatriques.

 

Les parents souffrant de troubles psy ont tendance à trop s’inquiéter pour la future santé mentale de leurs enfants. Lorsque ces angoisses deviennent envahissantes, elles peuvent même avoir des répercussions négatives sur le bien-être des enfants. Il est donc important de pouvoir en parler avec son psychiatre.

 

Dans la plupart des cas, les enfants de parents avec une pathologie psychiatrique n’ont pas besoin de suivi psy. Comme pour tous les autres enfants, une famille aimante, des amis, une vie partagée de façon équilibrée entre l’école et des activités extra-scolaires sont les meilleurs garants de leur équilibre psychique futur.

Par F.E Blanco
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 19:42

Aggravation agoraphobie trouble panique. Le psychiatre répond Je suis atteinte depuis maintenant 9 ans d’agoraphobie. Après une période de deux mois où je ne sortais plus de chez moi, je me suis forcée et réhabituée à aller jusqu'à la ville la plus proche à 8kms. C’était handicapant mais j’arrivais au moins à aller dans les boulangeries, au supermarché, chez les copains etc ....

Je n’ai jamais eu de médicament à part l’essai d’un comprimé de Deroxat après lequel j’ai cru mourir et tomber dans les pommes.

 

Depuis 3 semaines les choses ont changé et je fais des crises d’angoisse sans raison apparente à mon domicile, alors que je n’avais jamais eu d’angoisses chez moi. Dès le réveil, je stresse de faire une crise, j’essaie de me contrôler pour ne pas en faire mais malheureusement je finis par en avoir.

 

J’ai tous pris en médecine douce depuis ces 3 semaines : Spasmine, Euphytose, huile essentielle de lavande, alcool de menthe, Mag2 magnesium et Sédatif pc. Rien n'y fait....

Depuis 5 jours je prends 1/4 de Lexomil le matin et 1/4 vers 15h ou 16h. La plupart du temps cela ne me détend pas… 
Qu’est ce qui  m’arrive ? Pourquoi je me sens comme ça d’un coup? 

Mon médecin m’a prescrit du Seroplex 5mg mais j’ai peur des effets secondaires. 
Pensez-vous que je puisse couper le comprimé de 5mg en 4 donc prendre ¼ de comprimé et augmenter peu à peu pour que mon corps s’habitue ? 

 

D’après ce que vous nous racontez, il semblerait que vous souffriez bien d’agoraphobie associée à un trouble panique. Nous avons vu lors de précédentes questions qu’il s’agissait d’un problème pouvant être très invalidant et votre histoire nous le prouve !

L’agoraphobie et le trouble panique sont des maladies dont la symptomatologie fluctue au cours de la vie d’une personne. Il semblerait que vos troubles se soient aggravé récemment avec une autonomisation des crises d’angoisse ou attaque de panique : auparavant, l’idée de s’éloigner de chez vous pouvait provoquer une crise ; actuellement la simple idée de faire une crise à votre domicile suffit à vous en faire une.

Il est possible que cette aggravation récente s’apaise dans les prochaines semaines, mais il est aussi fort possible que cela continue si vous ne suivez pas un traitement.

 

Les meilleurs traitements actuels de l’agoraphobie sont les thérapies cognitivo-comportementales et les antidépresseurs du type inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Il semblerait qu’il vous soit pour l’instant difficile d’accéder à un psychothérapeute cognitivo-comportemental, il faut donc opter pour la deuxième solution pour l’instant.

 

Le Seroplex (Escitalopram) prescrit par votre médecin est un ISRS. C’est donc un traitement adapté.

 

Les personnes ayant développé un trouble panique ont tendance à s’inquiéter des effets secondaires, pourtant anodins, que l’on peut développer les premiers jours du traitement antidépresseur. C’est sans doute ce qui s’est produit quand vous aviez pris du Deroxat…

Pour éviter cela, il est tout à fait possible de débuter avec ¼ de comprimé et d’augmenter d’un autre quart tous les 2 jours.

 

Je vous rappelle qu’il est souvent nécessaire d’attendre 3 semaines avant d’avoir les effets bénéfiques du traitement, période pendant laquelle une prise passagère de benzodiazépines (type Lexomil (Bromazepam) ou Xanax (Alprazolam)) peut être nécessaire.

Par F.E Blanco - Publié dans : Agoraphobie et trouble panique
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 20:40

Anxiété généralisée. Deroxat pas assez efficace?

J’ai un problème d’anxiété généralisée depuis plusieurs années. Je prends un 1/2 comprimé de Déroxat par jour depuis 2 ans, traitement qui a permis de faire disparaître mon anxiété. En juin, suite à des problèmes de santé chez mon fils, l’anxiété est réapparue de façon importante et mon médecin traitant a augmenté le Déroxat à 1 comprimé par jour avec du Lexomil.

Le souci est que j'ai encore de l'anxiété par moments et cela fait déjà 6 semaines que j’ai ce traitement.

Avant ce nouvel épisode d'anxiété, un ½ comprimé de  Déroxat suffisait et j'aimerais retrouver cet état de bien être.

Est-ce que je dois patienter ? Vais-je retrouver cette sérénité que j'avais avant juin ?

Est-ce que le Déroxat ne devrait pas déjà agir à fond après 6 semaines et ne devrais-je pas pouvoir me passer du Lexomil ? Ou dois-je attendre encore pour sentir l'effet total ?

 

 

Le trouble anxieux généralisé est un problème chronique, ce qui signifie qu’il évolue la plupart du temps sur plusieurs années.

L’anxiété va donc varier avec des moments où elle sera plus intense comme par exemple lors d’évènements stressants de la vie.

Il n’est donc pas étonnant que l’anxiété ait fortement augmenté lorsque votre fils a eu des problèmes de santé. Votre traitement habituel (1/2 cp de Deroxat (paroxétine)) s’est alors révélé inadapté et a donc été modifié par votre médecin traitant.

.

Le principal traitement médicamenteux de l’anxiété généralisée sont les antidépresseurs Inhibiteurs de la Recapture de la Serotonine (dont le Deroxat fait partie), qui agissent après 3 à 4 semaines.

Après six  semaines du nouveau traitement (1 cp de Deroxat et Lexomil  (bromazépam)), vous semblez toujours anxieuse. Donc, probablement, le traitement doit être modifié.

 

Il existe différentes possibilités qui doivent être discutées avec votre médecin :

-Augmentation du Deroxat

-Changement pour un autre antidépresseur.

-Suivi d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) avec notamment l’apprentissage des techniques de relaxation et de la gestion du stress.

Etc…

 

Enfin, il est important de garder en tête que le Lexomil, comme toutes les benzodiazépines, est un traitement qui devra rester temporaire étant donné le risque de dépendance.

 

L’anxiété généralisée est un trouble qui se soigne bien. Il n’y a donc pas de raison que vous ne retrouviez pas votre sérénité d’antan.

Par F.E Blanco - Publié dans : Trouble anxieux généralisé
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 18:07
agoraphobie et dépression. Traitements, TCC, deroxat

Bonjour,

J'aimerais savoir si c'est l'agoraphobie qui entraîne la dépression ou l'inverse.
Je suis agoraphobe et je n'ai plus goût à rien car je me sens comme en prison.
Ai-je des chances d'aller mieux. Si oui, comment ?
Merci pour votre réponse.

 

 

L’agoraphobie, c’est la peur de se retrouver dans un lieu où il serait difficile de partir ou d’obtenir de l’aide.

Les situations redoutées par l’agoraphobe sont donc très variées : parking désert, foule, grands magasins, tranports en commun…

L’agoraphobie est très souvent liée aux attaques de panique (crise d’angoisse très importante où le sujet pense qu’il va mourir ou devenir fou…) : le patient a fait l’expérience d’une de ces crises de panique dans un grand magasin par exemple et va par la suite éviter toutes les situations où il redoute de refaire une nouvelle crise d’angoisse.

 

L’agoraphobie est un des troubles psychiatriques les plus handicapants lorsqu’il est sévère. Au stade les plus avancés de la maladie le simple fait de sortir de chez soi est source d’angoisse. Dans bien des cas, le patient agoraphobe demande à son entourage de l’accompagner dans les situations qu’il redoute : il pense que s’il lui arrive une de ces crises d’angoisse, l’accompagnateur pourra l’aider à se sortir du lieu en question.

 

Donc on comprend assez facilement qu’une agoraphobie grave soit source de dépression. Quand on ne peut plus sortir seul de chez soi, que l’on ne peut plus travailler, voir ses amis pendant plusieurs mois, il y a une forte probabilité de finir par faire un épisode dépressif.

Cependant, certains épisodes dépressifs peuvent aussi être source de comportements agoraphobes qui disparaissent lorsque la dépression guérit.

Par conséquent, l’agoraphobie peut entraîner la dépression mais l’inverse est parfois aussi vrai. La seule façon de faire la part des choses est de savoir quel trouble est apparu en premier.

 

Heureusement, il existe actuellement des traitements efficaces contre l’agoraphobie.

 

Certains traitements médicamenteux sont particulièrement efficaces.

Les nouveaux antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine comme le Deroxat (paroxetine) ou le Séropram (citalopram) permettent de bien contrôler les crises d’angoisse et l’anxiété provoquée par les situations redoutées. On doit souvent utiliser 2 à 3 comprimés par jour. Ces traitements mettent souvent 3 à 4 semaines avant d’être efficaces même si les premiers effets peuvent être plus précoces. Ces médicaments sont dans la plupart des cas bien tolérés avec peu d’effets secondaires.

Ces traitements peuvent faire disparaître totalement les troubles et permettre à la personne de reprendre une vie normale. Ces antidépresseurs devront être maintenus sur de longues périodes (au moins 1 an…) au risque de voir réapparaître le trouble.

 

Les traitements anxiolytiques type benzodiazépine (Xanax (alprazolam), Valium (diazepam)…) sont efficaces ponctuellement sur l’angoisse et peuvent être utiles au début du traitement par l’antidépresseur mais ils ne doivent pas être maintenus pendant de longues périodes (jamais plus de 12 semaines) car ils perdent de leur efficacité et provoquent des dépendances et le besoin d’augmenter les doses.

 

Enfin, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont des psychothérapies efficaces sur l’agoraphobie et sont une très bonne alternative aux médicaments. Elles consistent en des séances une fois par semaine pendant 3 mois à un an où l’agoraphobe apprend à affronter les situations qu’il redoute de façon très progressive jusqu’à ce que sa phobie disparaisse complètement.

 

Dans les cas les plus graves, les TCC et les antidépresseurs sont souvent associés.

Par F.E Blanco - Publié dans : Agoraphobie et trouble panique
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 16:27

Antidépresseurs et délai d'action dans la dépression (Deroxat, Seroplex, Prozac, Seropram, Floxyfral…) Après le Deroxat que je n'ai vraiment pas supporté, je prends depuis une semaine 1/2 séroplex 10mg. Je suis très fatiguée, perte d'appétit, nausées mes angoisses n'ont pas disparu donc je prends du lexomil pour m'apaiser un peu.
Je suis vraiment déprimée et je commence à me décourager et des fois j'ai envie de tout arrêter...
Pouvez-vous me dire si tout ça en vaut la peine....
Aidez-moi à aller de l'avant. SV.P.

 

Le Deroxat (paroxetine) et le Seroplex (escitalopram) font partie de la classe des antidépresseurs Inhibiteurs Spécifiques de la Recapture de la Sérotonine (dits ISRS), tout comme le Prozac (fluoxetine), le Seropram (citalopram)ou le Floxyfral (fluvoxamine)…

Comme tous les antidépresseurs, ces traitements sont très efficaces mais ont un délai d’action important: un antidépresseur met  généralement deux à trois semaines avant d’être efficace.

 

Il est donc tout à fait normal qu’après une semaine de Seroplex les symptômes que vous décrivez persistent.

 

Les antidépresseurs ISRS sont en general très bien tolérés mais il peut exister parfois, surtout dans les premiers temps du traitement des effets secondaires: nausées, douleurs abdominales transitoires, rebond anxieux…Ces effets secondaires sont désagréables mais ni dangerueux, ni graves: ils disparaissent le plus souvent après une semaine de traitement. C'est sans doute ce type d'effets que vous avez eu avec le Deroxat.

 

Les antidépresseurs ayant un effet sur le long cours, il est important de bien respecter les doses et la prise quotidienne pendant la durée prescrite, généralement six mois à un an pour un épisode dépressif majeur.

 

En attendant que l’antidépresseur soit efficace, on prescrit souvent un anxiolytique qui sera arrêté par la suite. Dans votre cas, il s’agit du Lexomil (bromazepam), une benzodiazépine. D’autres médecins peuvent prescrire un antihiataminique type Atarax (hydroxyzine) ou un neuroleptique à visée anxiolytique type Tercian (cyamemazine).

 

Dans votre cas, on vous a sans doute prescrit une dose faible de Seroplex afin d’habituer votre corps à l’antidépresseur et diminuer les effets secondaires. La dose de Seroplex sera sans doute prochainement augmentée afin d’obtenir une dose plus efficace contre la depression.

Par F.E Blanco - Publié dans : Dépression
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